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Financement du sport scolaire : la Somme au plus près des circonscriptions

7 minutes

Président de l’Usep Somme jusqu’en 2020 et depuis élu local, Philippe Renault souligne l’importance des contacts entretenus à l’échelle des secteurs Usep dans le choix fait par des collectivités territoriales de soutenir le sport scolaire.

Philippe Renault, dans la Somme trois communautés de communes prennent en charge tout ou partie du coût des licences Usep : Somme Sud-Ouest, sa voisine Avre-Luce-Noye et celle de Ponthieu-Marquenterre, située en bordure maritime1. Quand et comment ces partenariats ont-ils été noués ?

À l’instar du Ponthieu-Marquenterre, cela a souvent correspondu au moment où la communauté de communes a pris la compétence des affaires scolaires. Certaines l’ont, d’autre pas. Cela dépend ensuite des choix opérés par les élus et des sollicitations des enseignants et des responsables Usep de la circonscription, qui ont su taper à la bonne porte au bon moment… D’autres soutiens sont nés des fusions opérées entre de petites communautés de communes dans le sillage de la loi NOTRe qui, en 2015, a redéfini les compétences attribuées à chaque collectivité territoriale.

Philippe Renault, animateur lors d’une randonnée contée. (DR)

 

Tu présides toujours le secteur Usep identifié à la circonscription de l’Éducation Nationale qui englobe deux communautés de communes de l’est du département. Celles-ci soutiennent-elles le sport scolaire Usep ?

Ces deux collectivités, Haute-Somme et Est-Somme, ne possèdent pas la compétence scolaire. En revanche elles ont une compétence sport. À ce titre, avec mon vice-président du comité de circonscription Usep, par ailleurs conseiller pédagogique en EPS, nous avons pu présenter aux élus locaux les actions menées par les associations Usep, en soulignant ce que ça apporte aux enfants. La Com de Com de la Haute-Somme nous accorde ainsi depuis des années une aide sur les transports, tandis que celle de l’Est de la Somme verse une subvention conséquente en appui à nos actions. Je les rencontre une fois par an afin de leur présenter le bilan financier et le bilan d’activité de l’Usep. Car ce soutien n’a rien d’automatique et il y a aussi des Com de Com qui n’apportent aucune aide financière au sport scolaire.

La Com de Com Avre-Luce-Noye voit dans la prise en charge des licences enfants un moyen de répondre à la baisse de la pratique physique et sportive des enfants : cet argument santé est-il décisif ?

Il est important, mais ce n’est pas le seul : nous mettons aussi en avant la variété et la dimension éducative de nos activités, qui fait la spécificité de l’Usep en tant que fédération sportive scolaire. Et nos interlocuteurs prennent conscience de l’impact que nous pouvons avoir lorsqu’ils se rendent sur une rencontre réunissant plusieurs centaines d’enfants.

Pour en revenir à la Com de Com de la Haute-Somme, elle ne finance pas les licences Usep mais Péronne, la ville où elle a son siège, le fait pour ses 3 écoles et leurs 600 élèves…

Oui, et c’était déjà le cas quand j’y ai été nommé directeur d’école au début des années 2000 !

Au sud de Péronne, deux syndicats intercommunaux à vocation scolaire2 financent aussi les licences Usep…

Dans les deux cas, ce choix a été opéré il y a quelques années, à la suite d’un regroupement pédagogique intercommunal. Et, sur ces deux territoires, des écoles étaient affiliées à l’Usep depuis longtemps.

Toujours membre du comité Usep, tu es depuis six ans premier adjoint au maire de Ham, la commune de près de 5 000 habitants où tu résides. Y a-t-il été question de financer les licences Usep ?

Non, pour plusieurs raisons. D’une part, dans nos trois écoles publiques tous les enfants et toutes les classes ne sont pas adhérents de l’Usep. Ensuite, Ham compte aussi une importante école privée et, légalement, une commune est tenue de contribuer aux frais de fonctionnement du privé à la même hauteur que ce qui est engagé pour les écoles publiques. Cela devient alors très lourd pour la commune. Pour autant, nous accordons aux associations Usep une subvention qui porte sur le financement de sorties et de voyages scolaires ou de séjours éducatifs, la commune ayant cessé d’organiser elle-même des classes de découverte.

Rencontre escrime pour les usépiens de l’école Jean-Zay de Ham, 2018. (Usep Jean-Zay Ham)

 

Sans ces différentes aides accordées par les collectivités locales, les 204 associations Usep de la Somme3 pourraient-elles fonctionner ?

Oui, en trouvant d’autres moyens de financement… Dans ma circonscription, nous organisons par exemple une souscription auprès des parents et des habitants, avec des lots à gagner : cela permet de financer une bonne partie des transports. Et, en maints endroits, les associations vivent essentiellement des cotisations payées par les familles. Tout dépend aussi du mode de fonctionnement des secteurs : si la pratique hors temps scolaire est importante, il est plus naturel de faire appel aux familles. Sur le temps de la classe, c’est plus difficile. Il y a aussi une réalité sociale : la population de la Somme est en général assez modeste.

Ce qui ressort, c’est l’importance de la proximité avec les élus locaux née de la structuration de l’Usep en une douzaine de comités de circonscription qui fonctionnent un peu comme des associations de coordination…

Cette présence du réseau Usep à l’échelon des collectivités locales est déterminante. Cela a infiniment plus d’impact qu’un coup de fil ou la visite ponctuelle du président départemental ou du délégué Usep. Nous travaillons également de manière étroite avec l’Éducation nationale et la présence d’un conseiller pédagogique est un appui bienvenu.

Je voudrai aussi souligner un soutien qui, pour n’être pas directement financier, n’en est pas moins essentiel : la mise à disposition des gymnases et des terrains de sport. Sans ces infrastructures sportives, nous ne pourrions pas organiser nos rencontres. Et si cet appui n’a pas d’impact financier pour l’Usep, il en a un pour les collectivités locales.

Rencontre rugby. (Usep Somme)

 

(1) La prise en charge des affiliations et des licences varie d’une communauté de communes à l’autre : Somme Sud-Ouest (9 écoles, 900 élèves) prend en charge la moitié des licences enfants et la totalité des licences adultes ; Avre-Luce-Noye (20 écoles, 1 200 enfants, depuis la rentrée 2025) prend en charge la totalité des adhésions enfants ; Ponthieu-Marquenterre (12 écoles, 1 600 enfants, depuis la saison 2019-2020) prend en charge la totalité de la facture (affiliations des associations et adhésions individuelles). Petite spécificité : sur le secteur de la CC Somme Sud-Ouest, la mairie de Beaucamps-le-Vieux se substitue à celle-ci et prend en charge l’entièreté des licences Usep.

(2) Les syndicats intercommunaux de la Vallée de l’Omignon et de Brie-Villers-Carbonnel-Estrée-Mons.

(3) En 2024-2025, ces 204 associations réunissaient 13 562 licenciés enfants et 1 025 animateurs adultes. À titre de comparaison, les exemples de prise en charge totale ou partielle du coût des licences enfants cités dans cet article non exhaustif concernent plus de 4 500 élèves.

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