Gens de l’Usep : Laurent, Monsieur Loyal du Nord Isère
Directeur de la petite école rurale de Saint-Baudille-de-la-Tour, en Nord Isère, Laurent Haussard, 59 ans, aime donner une touche aventure au sport scolaire. Responsable de son secteur Usep, il organise aussi une rencontre cirque sous le chapiteau de la compagnie qu’il anime en parallèle de son métier d’enseignant.
Laurent Haussard, vous êtes directeur d’école à Saint-Baudille-de-la-Tour : où cela se trouve-t-il ?
Saint-Baudille est un village de 850 habitants du Nord Isère, situé à l’ouest de l’agglomération lyonnaise et presque limitrophe de l’Ain. Un peu perdu, quoi. Entre maternelle et élémentaire, l’école compte quatre classes et, pour ma part, j’ai les CM1-CM2. J’y suis directeur depuis sept ans. Auparavant j’étais en poste à Leyrieu, à une douzaine de kilomètres. Depuis trente ans que j’enseigne, j’ai toujours été en poste dans des écoles rurales.
Trente ans, cela signifie que vous avez eu une autre vie avant…
J’ai un peu baroudé : animateur, encadrant ski et VTT… Encore avant j’ai été éleveur de saumon (aux îles Kerguelen) et j’ai cartographié des avalanches.
Comment avez-vous connu l’Usep ?
Je n’ai pas connu l’Usep enfant. En revanche j’étais licencié UNSS au collège, en Franche-Comté. J’y pratiquais le ski de fond, qui m’a ensuite mené dans le Vercors, et donc en Isère. Mais, dès mon premier poste d’enseignant, j’ai monté une association Usep, toujours active, et depuis j’ai toujours fait de l’Usep. À Saint-Baudille, j’ai pour cela réveillé l’association d’école, en sommeil depuis une vingtaine d’années. Je suis par ailleurs responsable du secteur Usep de Pont-de-Chéruy et j’entame ma troisième année comme élu départemental.
Tous les enfants de Saint-Baudille sont-ils licenciés ?
Oui, afin que chaque classe participe au moins à une rencontre en temps scolaire, le plus souvent à deux. Nous utilisons aussi le matériel prêté par le comité départemental et, durant l’année, nous proposons une douzaine d’activités hors temps scolaire. Du roller, du tir à l’arc, du vélo, du cirque, de la pâtisserie…. L’Usep hors temps scolaire, c’est soit après l’école, soit le mercredi ou le samedi, voire sur un week-end pour une sortie VTT avec nuit dans une cabane. J’anime aussi un créneau cirque hebdomadaire, prolongé parfois par de petits stages.

Êtes-vous freiné par le coût des transports pour participer aux rencontres départementales sur Bourgoin ou Grenoble ?
Nous nous débrouillons. L’an passé, nous avons organisé deux manifestations pour faire rentrer de l’argent et payer les bus quand il y en a besoin : une randonnée gourmande qui a rassemblé 150 personnes et un tournoi de pétanque. Cette année, ce sera une rando nocturne et probablement à nouveau un tournoi de pétanque.
Pour en revenir à l’activité cirque, vous organisez une rencontre départementale en avril prochain…
Oui, puisqu’au printemps dernier la rencontre-test s’est bien passée !
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en parallèle de votre métier d’enseignant vous dirigez une compagnie de cirque installée à Leyrieu, où vous étiez en poste auparavant…
J’ai fondé la compagnie il y a une trentaine d’années et nous continuons à tourner. Il n’y a pas de lien direct avec le créneau que j’anime à l’école mais c’est vrai, le matériel n’est pas un problème… L’idée est de profiter du chapiteau monté pour notre festival pour y accueillir les enfants avant de le démonter. La rencontre est ouverte à toutes les écoles du département et s’adresse aux CE2-CM1-CM2, même si les ateliers sont aisément adaptables pour les CP-CE1, avec une jauge d’une centaine d’enfants.

En attendant ce rendez-vous, quels sont vos souvenirs les plus forts associés à l’Usep ?
J’ai de très bons souvenirs du vélo citoyen, l’ancienne formule du P’tit Tour en Isère, qui était conçue comme une chaîne où chaque classe se rendait dans une autre école pour un présenter le projet culturel et citoyen. Cette notion d’accueil était vraiment chouette. Dans le même esprit, dans un passé lointain j’avais monté avec les enfants un spectacle de cirque que nous allions présenter de village en village, tout en faisant école en journée. Et puis il y a toutes ces micro-aventures vécues ensemble, comme quand on bivouaque : ces moments où les enfants se projettent dans quelque chose dont ils n’ont pas l’habitude. Cette année, on va tenter une itinérance à vélo, sur trois jours.