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Marion Rousse, une « pro » en soutien du P’tit Tour

7 minutes

30 ANS DU P’TIT TOUR. Championne de France 2012 de cyclisme sur route, commentatrice pour France TV et directrice du Tour de France Femmes, Marion Rousse apporte son soutien à l’édition des 30 ans du P’tit Tour Usep. Une sacrée caution !

Marion Rousse, vous apportez votre soutien à l’édition des 30 ans du P’tit Tour Usep. Mais aviez-vous déjà croisé sa route, notamment durant votre enfance nordiste ?

Non, pas du tout, désolée ! J’avais en revanche entendu parler de l’Usep, mais sans connaître précisément ses actions. Moi qui étais à l’école publique, je n’ai pas non plus de souvenirs précis de rencontres sportives scolaires. Sauf les cross, mais plutôt au collège. Je gagnais toujours ! J’ai aussi fait 2e au cross départemental.

Vous avez toutefois accueilli l’an passé des P’tits Reporters de l’Usep Gers dans la « cabine » de France Télévisions, sur deux étapes du Tour de France, à Toulouse et Auch. Des P’tits Reporters encadrés par le CLEMI qui, un mois plus tôt, participaient au P’tit Tour…

Ils ne m’en ont pas parlé. Ce jour-là, ce sont eux qui posaient les questions !

Laurent Luyat entouré des P’tits Reporters de l’Usep du Gers, Tour de France 2025. (DR)

 

Les P’tits Reporters de cette année sont curieux eux aussi de savoir comment vous préparez le commentaire d’une étape du Tour ou d’une « classique »… 

Je me documente ! Tandis que vous m’interrogez, je regarde une course en prévision du commentaire de celle de dimanche prochain1… C’est une façon de connaître l’état de forme des coureuses et des coureurs. On travaille aussi sur le parcours, ses difficultés… Je suis quelqu’un qui a besoin de beaucoup préparer en vue de la prise d’antenne.

Avez-vous des fiches et savez-vous à l’avance ce que vous direz ?

On peut toujours imaginer des scénarios de course, mais jamais savoir à l’avance comment elle va se dérouler. C’est du commentaire en direct et l’on ne peut pas se contenter de fiches. Il faut surtout rester très concentré. Ne pas détacher son regard de l’écran, car à tout moment il peut se passer quelque chose : une attaque, une chute, une crevaison…

 

Marion Rousse, plateau du Tour de France, étape 17, Valence, le 23 juillet 2025. (L-A Le Blay / FTV)

 

Cet été, vous dirigerez pour la 4e fois le Tour de France Femmes : quelles sont vos tâches et responsabilités ?

Cela englobe tout, du choix du parcours aux relations avec les collectivités locales, en passant par la sélection des équipes et les relations avec les médias. C’est aussi un métier où il faut avoir plusieurs coups d’avance : les parcours sont quasiment déjà tracés deux ou trois ans à l’avance. Pendant l’évènement, c’est ensuite très intense. Depuis la voiture de directrice d’épreuve, on dirige un peu tout ! Ce qui est passionnant, c’est qu’on touche à plein de domaines du vélo.

La médiatisation de l’épreuve et la victoire, l’an passé, de Pauline Ferrand-Prévost, ont-ils déjà changé le cyclisme féminin en France ?

Quand une Française ou un Française gagne dans un sport, cela rassemble et renforce l’intérêt des gens. Quand, après sa médaille d’or en VTT aux Jeux olympiques, Pauline a fait le choix de revenir sur la route avec l’ambition de remporter le Tour, nous étions évidemment ravis. En termes d’audience, nous avons vu l’impact, avec un pic à 8 millions de téléspectateurs sur France Télévisions lors de son arrivée en solitaire à Chatel, le 3 août dernier. Cela ne peut que donner envie à toutes les petites filles de faire du vélo !

Pauline Ferrand-Prevot et ses adversaires dans l’ascension du col de Joux Plane, Tour de France, étape Praz-sur-Arly-Chatel, le 3 août 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)

 

Ce n’était pas le même contexte quand vous décrochiez le titre de championne de France sur route, en 2012…

Aucune comparaison possible. Je travaillais à côté pour avoir un salaire. Désormais les coureuses sont de vraies professionnelles, avec un salaire minimum imposé par l’Union cycliste internationale, et le niveau est à la fois plus haut et plus homogène. Idem au niveau de l’encadrement, du logement et des bus d’équipes sur les épreuves. D’ailleurs, à mon époque le Tour de France n’existait pas1.

Vous envisagez d’arrêter l’émission « La Vie à vélo ». Que retenez-vous de cette expérience ?

C’est France Télévisions qui avait pensé à moi pour la présentation de cette très belle émission, qui m’a permis de rencontrer des gens ayant des histoires particulières avec le vélo, très différentes du haut niveau. Mais cela prend du temps d’aller à leur rencontre sur les routes de France, et je suis très sollicitée par ailleurs. C’est pourquoi nous sommes actuellement en discussion sur l’avenir de l’émission.

Marion Rousse à la rencontre de passionnés de bicyclette pour l’émission « La Vie à vélo ». (FTV)

 

Pour vous, le vélo c’est la compétition ou le loisir ?

Les deux. Pendant de longues années ça a été la compétition, mais c’est du passé ! Le vélo, c’est d’abord une forme de liberté, surtout pour les enfants, que cela rend autonomes. À vélo, tu peux aller chez les copains-copines, ou chez papy-mamy s’ils n’habitent pas loin. Moi qui habitais à la campagne, j’allais aussi à l’école à vélo. Le vélo, c’est un outil d’épanouissement, dans un cadre loisir comme en club, où on se réalise sportivement tout en apprenant l’esprit d’équipe.

Quel message souhaitez-vous adresser aux enfants qui participent au P’tit Tour ?

Qu’ils s’apprêtent à vivre une belle aventure et qu’ils seront fiers d’eux quand ils franchiront le ligne d’arrivée. Que ce sera un beau moment de partage, et que j’espère qu’ils continueront d’utiliser leur bicyclette dans la vie de tous les jours.

Et à ceux qui n’auront pas cette chance, et qui ne sont pas très à l’aise sur un vélo ?

Qu’on peut apprendre à tout âge et qu’il n’y a aucune honte à ce que ça soit plus tard que d’autres. Et que savoir faire du vélo, ça ne s’oublie pas !

L’équipe des commentateurs du Tour de France, Valence, 23 juillet 2025. Da gauche à droite: Laurent Jalabert, Franck Ferrand, Laurent Luyat, Marion Rousse et Yoann Offredo. (L-A Le Blay / FTV)

 

(1) Il s’agit du Tour des Flandres, qui se déroulait le 5 avril. L’entretien, lui, s’est déroulé le 1er avril.

(2) Du temps de Jeanny Longo, un Tour de France féminin a toutefois préalablement existé de 1984 à 1989, avant de s’arrêter faute de rentabilité.

 

Lire aussi : Marie-Amélie Le Fur : « Le P’tit Tour, le vélo et moi »

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