Antoine, cyclorandonneur bénévole du P’tit Tour
30 ANS DU P’TIT TOUR. Les Cyclo Randonneurs Blésois, qu’il préside, accompagnent depuis 14 ans les élèves et les enseignants d’un quartier prioritaire sur la route de l’Étoile Cyclo du Loir-et-Cher, déclinaison locale du P’tit Tour.
Antoine Sauvé, comment êtes-vous devenu accompagnateur de l’Étoile Cyclo du Loir-et-Cher ?
Parce je suis membre depuis bientôt un quart de siècle des Cyclo Randonneurs Blésois. Il y a quinze ans, l’un des copains du club s’est retrouvé à discuter avec Alain Cheffer, directeur de l’école du quartier de Bel-Air, à Blois. Ils ont parlé vélo et le club a proposé de donner un coup de main pour encadrer l’Étoile Cyclo et les sorties préparatoires. Cela s’est fait de manière simple et naturelle. Aujourd’hui c’est très cadré et nous devons passer un agrément !
Quelle est la disponibilité exigée ?
Il y a les cinq jours de l’Étoile Cyclo et les séances préparatoires. La première, dans la cour d’école, sert de test de niveau et permet de régler les casques, la selle, les freins… Les quatre suivantes se déroulent sur des parcours variés : campagne, piste cyclable, ville, et aussi un trajet urbain comportant des ronds-points avec de la circulation.
Combien de cyclos du club y participent-ils ?
Une petite trentaine, afin d’être à chaque fois au moins quinze au côté des enseignants. Comme d’autres écoles de quartier prioritaire, beaucoup de parents sont d’origine étrangère et n’ont ni la culture vélo ni la disponibilité. Mais on arrive à assurer : nous sommes quasiment tous retraités.

Retraité, vous ne l’avez pas toujours été…
Je le suis depuis trois ans. Les fois précédentes, je prenais une semaine de congés, pour le plaisir de faire connaître mon sport aux enfants. À cet âge ils sont encore réceptifs et malléables. Ils sont aussi très curieux. Moi qui suis né avec une déficience individuelle et dois porter des lunettes de soleil avec verres correcteurs, ils me posent des questions et ça me fait plaisir d’échanger avec eux sur la problématique du handicap et le regard des autres.
Votre mission concerne exclusivement le parcours…
Nous accompagnons les enfants jusqu’à leur hébergement avec les instits : Alain, Frédérique et Virginie, qui au fil des ans sont devenus des amis. Cette année, il y a aussi une nouvelle collègue que nous ne connaissons pas encore. On rentre ensuite chez nous pour revenir le lendemain matin. Cela rallonge en moyenne l’étape de quarante kilomètres aller-retour, mais pour des cyclos ça n’est pas un problème !

Rencontrez-vous parfois des problèmes d’autorité ?
Les enfants savent qu’une fois sur la route nous prenons la main. De notre côté, nous savons que certains d’entre eux vivent des situations compliquées. Mais les gros durs qui, le lundi matin, testent notre autorité, sont devenus le vendredi des gosses adorables. Voir leur comportement évoluer quasiment en temps réel est quelque chose de très fort.
Croisez-vous d’autres écoles en route ?
Cela arrive, surtout le mercredi, quand toutes les classes participantes convergent à la mi-journée sur Chambord pour participer aux activités de l’après-midi.
Cette année, quelle est la date de la première séance ?
Vendredi 27 mars, avec 70 enfants. Et ce sera pour eux une surprise, mais à cette occasion le club offrira trois vélos à l’école Joséphine-Marchais. Une façon de marquer le coup, et ça nous fait plaisir. Les vélos suivront dans le camion et pourront servir de rechange en cas de gros pépin mécanique.
Quel est votre plus grand souvenir des précédentes éditions ?
Toujours le même : le retour à l’école, le vendredi à 16 h 30, avec les parents qui attendent fébrilement leurs enfants, qu’ils n’ont pas l’habitude de quitter une semaine entière, et tous les petits des autres classes qui nous font une haie d’honneur en se disant que leur tour viendra bientôt. Et aussi, juste avant, la traversée du centre-ville de Blois avec les enfants qui chantent à tue-tête : « On n’est pas fatigué, etc. » Sur les trottoirs les gens nous regardent passer, amusés, et c’est formidable.
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