Ces communes qui financent les licences du sport scolaire
Et si les communes encourageaient le sport scolaire en finançant tout ou partie des licences pour les enfants des écoles ? Certaines utilisent déjà ce levier pour favoriser l’activité physique et le vivre ensemble de leurs jeunes administrés. Faut-il encore oser demander !
« Ensemble, faisons du sport une grande cause municipale » : c’était l’intitulé du plaidoyer déroulé en 18 novembre au Salon des Maires par la présidente du Comité national olympique et sportif français. « Les municipalités sont les piliers de la pratique sportive » a insisté Amélie Oudéa-Castéra en exhortant le parterre d’élus à « garder le cap du soutien au sport » en dépit des tensions budgétaires.
Parmi les bonnes pratiques citées dans l’argumentaire édité à cette occasion figurait notamment le choix effectué par la ville de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) de financer l’adhésion à l’Usep de tous les élèves de CM1, soit 4,20 € par élève dans 15 écoles élémentaires. « Cela représente 651 enfants avec les CE2 et CM2 des classes à double niveau, précise la déléguée Usep, Lara Puteaux. Ce financement s’inscrit dans le cadre d’ateliers sportifs périscolaires animés de 16 h 30 à 18 h par des éducateurs de clubs, notamment de rugby et de taekwondo, mais coordonnés par une conseillère pédagogique EPS sous l’égide de l’Usep. Et nous proposons à tous une grande rencontre sportive en temps scolaire durant l’année. »

Certaines communes vont plus loin dans leur soutien au sport scolaire Usep. La ville de Melun (Seine-et-Marne) paie ainsi les licences de tous les enfants de maternelle et d’élémentaire. « Plus de 3 000 élèves sont concernés sur nos 10 300 licenciés enfants, pour une aide globale de 24 000 €. C’est un soutien considérable pour notre comité », explique la déléguée, Anne-Sophie Picquart.
À Foix, préfecture de l’Ariège, la mairie ne finance pas la totalité mais une grande partie des adhésions et des licences Usep. « Cet appui remonte à plus d’une dizaine d’années et il s’agit d’une vraie collaboration avec des élus attachés à l’éducation populaire, qui se traduit aussi sur des évènements tels que l’opération nationale laïcité, avec la mise en valeur des productions réalisées par les enfants pour la Journée du 9 décembre », souligne la déléguée Usep, Laetitia Castaing.
En Dordogne, le délégué Usep a profité pour sa part de la création de la commune nouvelle de Boulazac-Isle-Manoire pour rencontrer il y a quatre ans le responsable du service des sports. Accompagné de la conseillère pédagogique EPS de circonscription, Gaël Lassalvetat a présenté l’Usep et ses actions en s’appuyant sur les associations actives dans deux des quatre communes fusionnées dans la nouvelle entité. Il n’a pas non plus oublié de mentionner que Périgueux, la ville-préfecture limitrophe de Boulazac, accordait à l’association Usep de secteur une subvention correspondant à une bonne partie du coût des licences…

Loin de faire la sourde oreille, la commune, par ailleurs bien dotée en équipements sportifs et connue pour son équipe de basket de Pro A, a décidé de financer entièrement les licences des 848 élèves et 38 animateurs adultes de ses 5 écoles. Là aussi sous forme d’une subvention à l’AS de secteur. « Depuis, explique Gaël Lassalvetat, nous élaborons ensemble le programme de rencontres, en tenant compte des souhaits des enseignants et de la disponibilité des bus municipaux. »
À Bourgoin-Jallieu (Isère), le partenariat avec la commune remonte pour sa part à plus de vingt ans. La mairie finance l’affiliation des associations d’école et les licences à hauteur des trois quarts de leur coût. « Il nous a paru important de conserver un engagement financier de la part des écoles », explique Laurent Faure, directeur de l’école Victor-Hugo et animateur de l’Usep sur le secteur. Cette aide se traduit par une subvention de 4 000 €, complétée en fin d’année par un ajustement selon le nombre de licences finalement délivrées. L’affiliation reste toutefois une démarche volontaire de la part des équipes enseignantes. Ainsi, sur 14 écoles, d’une année sur l’autre 10 ou 11 licencient leurs élèves, pour un coût réduit de 6 à 1,5 €.
Cette politique s’est poursuivie indépendamment du changement de majorité politique municipale, passée du Parti socialiste aux Républicains. « Elle a même été renforcée », se réjouit l’enseignant. En contrepartie, l’Usep est à la fois active en temps scolaire (avec notamment un « courseton » des écoles) ainsi que le mercredi, où une dizaine de rencontres de secteur vient s’ajouter à l’offre de rencontres départementales.

Fort de cet exemple, Laurent Faure, également président de l’Usep Isère et désormais chargé de mission sport scolaire pour l’Éducation nationale, invite les autres associations Usep, et notamment les associations de secteur, à plaider leur cause auprès de leurs interlocuteurs territoriaux. « En se faisant mieux connaître, il est possible d’obtenir des subventions pour l’affiliation des associations, les licences des enfants et des animateurs ou le transport. Ce n’est pas forcément dans les habitudes des enseignant de demander, mais il faut oser : l’Usep n’a rien à y perdre, et c’est pour la bonne cause ! »
En Haute-Corse, l’appui du directeur d’académie

En Haute-Corse, tout est parti du nouveau directeur académique des services de l’Éducation nationale, Bruno Benazech, arrivé sur l’île en janvier 2021 et très investi dans sa fonction de président départemental de l’Usep. Convaincu de l’importance de l’activité physique et du sport scolaire, il a aussitôt invité la conseillère pédagogique départementale EPS et le délégué Usep à adresser un courrier commun aux maires pour leur demander de financer les licences des classes souhaitant participer à la Semaine olympique et paralympique. Et ça a marché ! « C’est entré dans les habitudes de 52 municipalités sur 53, soit 3 500 licences sur 4 000. Le courrier annuel aux mairies permet de rappeler le sens de cette aide, hier axée autour du label Génération 2024, et aujourd’hui Génération 2030 », explique le délégué Usep, Don Pierre Beveraggi.