Enzo, souvenirs de la Traversée de la Drôme à Vélo
30 ANS DU P’TIT TOUR. Enzo Leanni, 23 ans, journaliste au magazine So Foot, se souvient de l’édition 2012 de la Traversée de la Drôme à Vélo, déclinaison locale du P’tit Tour et point d’orgue de son année de CM1.
Enzo, à quand remonte ta Traversée de la Drôme à vélo ?
C’était il y a quatorze ans, avec ma classe de CM1 de l’école des Chirouzes, à Bourg-lès-Valence. Pour les trois classes de cours moyen, le vendredi après-midi était banalisé pour aller pédaler une trentaine de kilomètres en vue de cet objectif. La maman de Téo, mon meilleur ami, conduisait le camion-balai – loué chez Leclerc, où elle travaillait – avec nos sacs, du matériel de réparation et des vélos de secours. Mon père, lui, était l’un des accompagnateurs à vélo. Les trois enseignants, Laurent Duron, Emmanuelle Rosler et Karen Dianin, participaient à la TDV tous les deux ans, en alternance avec un voyage scolaire commun.
Quelle était par ailleurs ta pratique du vélo ?
J’utilisais le mien pour aller voir les copains. Mais pas pour me rendre à l’école, qui était à deux pas.
Etiez-vous étonnés d’avoir une pratique aussi sportive ?
Non, je crois que nous l’avions conscientisé comme quelque chose d’absolument normal ! Après, certains ont parfois un peu galéré. Une semaine sur deux, il y avait un peu de dénivelé…
La Traversée de la Drôme à Vélo reste un grand souvenir ?
Et comment ! Ce fut l’évènement de l’année, attendu avec plus d’impatience que les vacances ! Le parcours nous a mené d’Hauterives, au nord, à Buis-les-Baronnies, au sud, sur 200 km, du lundi au vendredi. C’était surtout du plat, avec quelques belles montées, comme la Côte Le Plat – la mal nommée – où nous avons beaucoup souffert. C’est du côté de Dieulefit. Avec Téo, mon meilleur ami, après être partis en flèche nous avons vite été coupés dans notre élan… Lorsque je retrouve mes amis d’enfance, nous parlons souvent de la TDV. Je crois d’ailleurs que nous nous rappelons plus encore des soirées ! Nous dormions dans des lieux inhabituels : sous un grand hangar, sous tente…

Et le mardi soir, à Livron, ville-étape la plus proche de Bourg-lès-Valence, tous les parents non-accompagnateurs nous avaient rejoints pour un immense pique-nique. Nous étions bien 200 ou 300 ! Et à la pause du midi, pas assez fatigués, nous en profitions pour jouer au foot.
Sur le parcours, des lieux t’ont-ils marqué ?
J’ai découvert le sud du département : un grand soleil, l’odeur de la lavande et de très beaux paysages.
Tu as aussi gardé le contact avec les enseignants, mais l’école des Chirouzes ne participe plus au TDV…
Cet été, pour la retraite de Laurent Duron et le départ de Karen Dianin, mon enseignante de CM1, nous avons organisé un pique-nique où mon copain Téo a amené le livre-souvenir composé à l’époque par sa mère. Nos profs étaient émus, mais aussi peinés de n’avoir pas réussi à participer ces dernières années. C’est notamment dû au moindre investissement des parents d’élèves. Entre temps, Les Chirouzes sont passées de la petite école de quartier à un établissement bien plus grand. J’imagine que les parents se connaissent moins, alors que les nôtres étaient souvent amis, avec une cohésion sur laquelle nos enseignants pouvaient s’appuyer.

La TDV a-t-il ensuite eu un effet sur ton usage du vélo au quotidien ?
Adolescent, j’allais parfois au collège à vélo, mais je n’irai pas jusqu’à dire que c’est grâce à la Traversée de la Drôme. En revanche, je me souviens qu’en début d’année mon copain Brice ne savait pas faire de vélo, et qu’en juin il a bouclé ses 200 km comme tous les autres ! Je ne sais pas si aujourd’hui il fait beaucoup vélo, mais cette année-là il a appris à en faire.
Sinon, quelle est ta pratique ?
Ponctuelle et utilitaire à Paris, où je vis aujourd’hui, et loisir mais occasionnelle lorsque je reviens visiter mes parents. Et dans le cadre de mon métier, j’ai réalisé l’an passé un reportage pour le magazine Pédale sur un test matériel d’une équipe professionnelle sur les pavés de Paris-Roubaix : un autre genre d’expérience…

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