Financement du sport scolaire : des communautés de communes s’engagent
Considérant le sport scolaire comme une « action d’intérêt communautaire », des communautés de communes contribuent à son financement à l’échelle d’un secteur. Exemples dans l’Allier, en Savoie et dans le Lot, plus cas particuliers.
Avec ses superbes futaies, la forêt de Tronçais est l’emblème de ce coin du nord-ouest de l’Allier. Au printemps, cette forêt domaniale sert aussi d’écrin à une rencontre Usep de pleine nature qui réunit les enfants du secteur Usep. « C’est pour permettre à tous les élèves d’y participer, de la maternelle à l’élémentaire, que la communauté de communes du Pays de Tronçais finance les licences enfants et adultes », explique le délégué départemental, Pierrick Deschaume, qui précise : « À ma connaissance, c’est encore un cas unique dans l’Allier. Ailleurs, à Gannat ou Bressolles, près de Moulins, ce sont des amicales laïques qui financent les licences. »

En Savoie, la communauté de communes du Lac d’Aiguebelette fait de même depuis la rentrée 2024. « Ce partenariat porte sur le financement de 500 licences et s’est noué à l’occasion du renouvellement de son PEdT, rapporte Charlotte Bouchet, chargée de mission sport scolaire. La communauté de communes souhaitait renforcer le lien entre les villages qui la composent à travers le sport. Les directeurs d’écoles qui participaient aux réunions ont immédiatement « tilté » et mis en avant la façon dont les rencontres Usep font du lien entre les établissements. »

Olympiades, randonnées contées, Chemins de la mémoire et rencontres de secteur bénéficient en outre d’un coup de main de la part éducateurs sportifs et des animateurs du centre social de la communauté de communes. « L’Usep fait se rencontrer des enfants qui vivent souvent leur scolarité primaire dans la même école à une ou deux classes. Les rencontres facilitent ensuite leur intégration au collège de Novalaise, et permettent d’éviter les clans », souligne Charlotte Bouchet.
Dans le Lot, deux communautés de communes financent à ce jour la moitié des licences enfants, sur facture présentée par les écoles. Cela représente 877 licences dans celle des Causses et de la Vallée de la Dordogne (alias CauvalDor), et 268 pour l’agglomération du Grand Figeac, qui met aussi ses éducateurs territoriaux des activités physiques et sportives (Étaps) à disposition pour les rencontres. « Cela constitue une forte incitation à l’affiliation des écoles, assimilable à une aide indirecte1 » souligne le délégué Usep, Philippe Rozières.

Le rapprochement avec CauvalDor s’est fait par l’intermédiaire de l’ancien président du comité Usep, Dominique Bailly, qui animait ce secteur du nord du département. Par ailleurs, si le partenariat avec le Grand Figeac est ancien, les échanges avec l’Office intercommunal des sports sont d’autant plus faciles que, parallèlement à mes fonctions de délégué Usep, Philippe Rozières est président de l’Ufolep du Lot, partenaire de l’Office intercommunal des sports.
Le délégué a également pris contact avec la Communauté de communes de la Vallée du Lot et du Vignoble (CCVLV), un territoire enclavé où l’Usep a encadré des formations Savoir Rouler à Vélo. « Mais celle-ci nous a redirigés vers le dispositif des Territoires éducatifs ruraux », explique Philippe Rozières. Initié en 2021 par l’Education nationale, ce dispositif vise à renforcer les opportunités éducatives, moindres qu’en zone urbaine. « Nous nous sommes donc rapprochés des enseignants impliqués dans ce TER, en arguant auprès des décideurs que le financement de tout ou partie des licences favoriserait grandement le sport scolaire. » Si la réponse était positive, cela créerait un heureux précédent.
(1) La ville de Cahors met également ses éducateurs sportifs à la disposition des écoles affiliées à l’Usep. « Cela représente 20 rencontres de secteur et de très nombreuses séances animées dans les écoles par ces éducateurs dans les écoles au titre de l’Usep » précise Philippe Rozières.
Cas particuliers : commune nouvelle, Sivu, secteur Usep…
En Savoie, un partenariat similaire à celui noué du côté du Lac d’Aiguebelette se dessine aujourd’hui, non pas avec une communauté de communes mais avec une commune nouvelle : celle d’Entrelacs, qui réunit 6 villages situés entre Aix-les-Bains et Annecy. « La commune a proposé de financer les licences des 6 écoles mais nous avons préféré cibler les 3 les plus motivées, soit 280 enfants. Il y a déjà dynamique, avec notamment une sortie ski programmée début février », se félicite la chargée de mission sport scolaire, Charlotte Bouchez.
Autre configuration dans les Deux-Sèvres, où au cœur du Marais poitevin un syndicat intercommunal à vocation unique prend en charge l’affiliation et les licences des 85 enfants des deux écoles d’Arçais et du Vanneau-Irleau. « En poste à Arçais depuis 16 ou 17 ans, j’ai toujours connu ce fonctionnement où la prise en charge des licences va de pair avec l’achat des fournitures scolaires et la gestion de la cantine et de la garderie » explique Séverine Gréau la directrice. Cela permet aux enfants de participer à trois rencontres par an. En prime l’an passé, nous avons vu du para-tennis à Roland-Garros avec le dispositif Ma Classe aux Jeux. »

À Bressuire, au nord du département, l’accommodement est encore différent : toutes les communes du secteur contribuent non pas à la prise de licences mais au transport. « Nous demandons aux mairies des 34 écoles affiliées de financer les déplacements pour nos rencontres « binômes » ou de territoire, explique Florent Cassin, président de l’association de secteur. Ici au prorata du nombre d’élèves, là sous la forme d’une enveloppe fixe… Au bout compte cela représente environ 5 000 €, soit la moitié du coût total ! »