Financement du sport scolaire : les villages aussi sont de la partie
En dépit de moindres moyens financiers que leurs cousines urbaines, des communes rurales soutiennent elles aussi le sport scolaire à travers des subventions fléchées sur la prise en charge des licences. Trois exemples en Haute-Garonne et en Sarthe.
Montjoire est un village de 1 200 habitants perché sur une colline de ce pays du Frontonnais qui s’étend entre Garonne et Tarn, à vingt kilomètres de Toulouse. C’est là que Gilles Ribière a été nommé il y a quatre ans directeur de l’école. « J’ai aussitôt proposé à mes collègues de créer une association Usep et sollicité la mairie pour prendre en charge les licences, en insistant sur l’apport du sport scolaire pour l’épanouissement des enfants, à travers des activités innovantes. »
Ce partenariat profite à une centaine d’élèves de maternelle et d’élémentaire qui participent au moins à deux rencontres sportives dans l’année, comme récemment à Mirepoix-sur-Tarn pour une course solidaire en lien avec les Restos du cœur. « Le prêt de matériel est également très apprécié dans une petite école comme la nôtre », souligne Gilles Ribière, qui n’oublie jamais de remercier la mairie lors des conseils d’école et dans les comptes rendus des activités Usep adressés aux parents.

À Vivoin, joli village sarthois de 900 habitants équidistant du Mans et d’Alençon, depuis l’an passé la mairie prend aussi en charge les licences de la centaine d’écoliers. « Historiquement, l’association Usep les finançait par un concours de cartes et une souscription volontaire. Puis, après le Covid, nous sommes passés à la vente de brioches et de compotes, couplée à l’organisation d’un loto. Mais en 2024 notre journée de soutien n’a pas rencontré le succès prévu. Comme nous avions déjà mangé nos réserves, nous n’avons pu éviter un déficit. La mairie a alors versé une subvention exceptionnelle. Depuis, ce financement municipal des licences Usep, de l’ordre de 700 €, est la règle. Il entre dans les frais de fonctionnement de l’école au même titre que les fournitures », explique Céline Le Borgne, directrice depuis 25 ans et par ailleurs présidente départementale de l’Usep.
Jusqu’à un passé récent, forte d’un budget annuel de 2 500 € l’AS Usep payait aussi elle-même la location du bassin pour l’apprentissage de la natation, ainsi que le car pour s’y rendre. Aujourd’hui encore, c’est l’association des parents d’élèves qui prend en charge le transport pour les rencontres Usep. « La mairie fait cet effort sur les licences au regard de l’apport éducatif et sportif pour les enfants, qui participent à trois rencontres dans l’année, plus les Usépiades organisées dans l’école. Les élus sont également conscients de l’investissement bénévole des enseignants et du coup de pouce que représente le prêt gratuit de matériel », souligne Céline Le Borgne.
Plus au sud, à Yvré-le-Pôlin, le soutien municipal à l’association est nettement plus ancien. « Selon le secrétaire de mairie, la subvention à l’association Usep est antérieure à 1996. Moi qui suis élue depuis 2008, je l’ai toujours connue. Elle est reconduite chaque année à l’unanimité du conseil municipal » témoigne Corinne Léguillon, adjointe aux affaires scolaires. « D’un montant de 940 € pour 2026, cette subvention, sollicitée parallèlement au budget de fonctionnement de l’école, couvre le coût de l’affiliation et des licences des 141 enfants scolarisés cette année », précise de son côté le directeur, Florian Govazé.
Celui-ci s’autorise toutefois à utiliser cette enveloppe de manière plus fine. Pour 2025-2026, il a ainsi licencié en priorité les trois classes dont les enseignants se sont clairement positionnés sur les actions Usep. « Mais je garde la possibilité d’en licencier une quatrième – sur six – si un enseignant souhaite rejoindre un projet en cours d’année », explique-t-il. Parfois consacré aux frais de transports lorsqu’ils ne sont pas pris en charge par le comité départemental, ce solde est ainsi passé l’an dernier dans le reste à charge pour la table de ping-pong extérieure obtenue dans le cadre de l’opération « 1 école 1 table » et ensuite installée sous le préau de l’école par les services municipaux. Et, cette année, ce solde permettra peut-être de renouveler en partie le matériel sportif.

« Le sens de la subvention est d’offrir à tous les enfants l’opportunité d’une pratique sportive à l’école », résume Corinne Léguillon. À Yvré, tout est d’ailleurs fait pour faciliter l’activité physique, avec une plaine sportive implantée à cent mètres de l’école et des associations locales proposant foot, basket, tennis et tennis de table. Et si, demain, l’engouement des enfants pour la petite balle blanche incitait le club de tennis de table à créer un jour une section jeunes… « En attendant, commente l’adjointe au maire, cela fait plaisir de les voir autour de la table avec leurs raquettes, midi et soir après la classe ! »