Killian, une thèse pour développer la littératie physique à l’Usep
Killian Garroux, 25 ans, agrégé d’EPS, entame avec l’Usep une thèse sur la littératie physique, nouveau concept au croisement de l’éducation à la santé et de l’EPS. Objectif affiché : améliorer la formation des professeurs des écoles et les outils pédagogiques supports des rencontres sportives associatives, en lien notamment avec la nouvelle opération nationale « Mission santé : on s’active ! » déployée à partir de début 2027.
Killian, quel est le parcours qui t’a mené à cette thèse, menée dans le cadre d’une convention Cifre signée avec l’Usep ?
Je suis originaire de la plaine du Forez, au nord-ouest de Saint-Etienne, et j’ai suivi des études en Staps. Après une licence éducation motricité et un master MEEF (Métiers de l’Enseignement, de l’Éducation et de la Formation), j’ai passé le concours d’enseignant d’EPS. J’ai finalement décroché l’agrégation. Après un an comme stagiaire dans un lycée stéphanois, j’ai été muté dans un lycée de Gonesse, dans le Val-d’Oise, au sein d’une super équipe. Durant cette année, j’ai vu passer dans la boite mail académique l’offre de thèse diffusée par l’Usep et je me suis porté candidat !
Tu as mis en avant ton intérêt pour la santé et le bien-être…
Ce cours théorique m’a particulièrement intéressé et cette approche santé-bien-être rejoint la façon dont j’envisage moi-même l’activité physique : une pratique réfléchie, durable et sans excès ni prise de risque, pour vieillir en bonne santé ! Collégien puis lycéen, j’ai fait de l’escalade, de la natation, du tennis, du tennis de table, de l’athlétisme… Puis, en Staps, j’ai recommencé la natation et passé le brevet de sauvetage aquatique (BNSSA) pour devenir surveillant de baignade : mon job d’été pour financer en partie mes études. Parallèlement, je me suis tourné vers la musculation et plus précisément le street lifting, l’une des disciplines du street workout : de la force athlétique, pour simplifier.
Quel est précisément l’objet de ta thèse, dont les travaux s’organiseront en lien avec le comité et les associations Usep des Pyrénées-Atlantiques ?
Il s’agit d’accompagner les professeurs des écoles pour qu’ils développent la littératie physique auprès de leurs élèves, en appui des rencontres Usep.
La littératie physique ?
Ce concept s’est installé depuis quelques années dans le positionnement éducatif en EPS. Pour faire simple, c’est l’ensemble des compétences qui permettent à un individu de gérer son activité physique et de conserver un mode de vie actif tout au long de sa vie. Pour l’Usep, l’objectif consiste à créer des ressources didactiques et pédagogiques pour les professeurs des écoles, afin qu’ils développent la littératie physique avec leurs élèves, en EPS et dans les rencontres sportives scolaires.

Ta thèse de doctorat est construite sur trois ans, voire plus au besoin. Comment s’organiseront tes travaux ?
Je vais commencer par approfondir mes connaissances théoriques et observer comment se déroulent les rencontres Usep et comment s’y comportent les enfants. Puis j’élaborerai un questionnaire pour analyser les pratiques des professeurs des écoles. À partir de ces données, je vais proposer une formation qui réponde à leurs besoins et leur permette de développer cette littératie physique, en lien avec la nouvelle opération nationale « Mission Santé : on s’active ! » de l’Usep. Cette formation sera dispensée à un échantillon d’enseignants à qui nous demanderons ensuite s’ils estiment avoir gagné en compétences, tout en observant si la littératie physique a progressé parmi leurs élèves. L’ambition pour cette première année est de formaliser le questionnaire, de bien comprendre comment fonctionne le terrain et de créer une rencontre sportive associative. Nous espérons pouvoir la tester au premier semestre 2027.
Pourquoi avoir choisi les Pyrénées-Atlantiques comme département test ?
Parce que l’Usep y est solidement implantée et que le laboratoire universitaire auquel je suis rattaché se trouve à Anglet, près de Bayonne : le laboratoire MEPS, Mouvement, Équilibre, Performance et Santé, en lien avec l’UFR Staps. Je pourrais y échanger avec des professeurs d’université et des maîtres de conférences, des professeurs des universités, des agrégés ou d’anciens enseignants d’EPS passés à la recherche : toute une richesse d’expériences et de points de vue !
Tu découvres le réseau Usep. Quelle est ta première impression ?
Celle d’une association ouverte, où j’ai été très bien accueilli. Et je suis très heureux de pouvoir mener cette thèse, dans une cadre de travail privilégié.
