L’Association Usep des Outre-Mer est née
Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte : ces comités sont désormais réunis en une Association Usep des Outre-Mer dotée d’un projet construit autour de problématiques communes. L’équivalent d’un comité régional à l’échelle du globe, explique Isabelle Sahai, élue nationale et présidente de l’AUOM.
Isabelle Sahai, pourquoi avoir créé l’Association Usep des Outre-Mer qui, à travers les 7 comités qui la composent, fédère 64 000 licenciés enfants et 3 500 animateurs adultes au sein de 422 associations ?
Parce que nous avons beaucoup de choses en commun, à commencer par le caractère insulaire ou archipélagique de nos territoires, à l’exception de la Guyane, qui toutefois est bordée par l’océan et tout aussi éloignée de Paris. Depuis plus de vingt ans, ces caractéristiques géographiques et nos problématiques communes nous ont amenés à initier collectivement des projets tels que Usep Monde, la TransOcéane ou Usep TV : des projets visant à relier nos territoires et ouverts à tous les comités de France et à l’Usep Maroc.

Si les comités d’Outre-Mer travaillaient déjà ensemble, pourquoi se constituer en association de coordination ?
Pour formaliser cette collaboration et, sur un plan pratique, gérer conjointement les demandes de subventions communes et les contributions nationales. Nous souhaitons que les actions que nous menons soient mieux reconnues comme des leviers de cohésion sociale et promotrices de santé dans nos territoires. Pour cela, je suis bien entourée, avec un conseil d’administration composé de 2 représentants de chaque territoire. Ainsi est née en octobre 2025 l’Association Usep des Outre-Mer. Nous nous sommes également structurés en groupes de travail : Formation, Observatoire des pratiques, Usep TV, Mon Asso booste mon cerveau, qui est une initiative ultramarine. L’un de nos premiers objectifs est la relance de la TransOcéane, en septembre, à l’échelle de la planète.

Outre vos réunions mensuelles en visioconférence, vous vous êtes retrouvés en avril en Guadeloupe lors d’un séminaire en présentiel prolongé par un colloque. Quel était son objet ?
Ce colloque organisé dans l’amphithéâtre du lycée Sony Rupaire à Sainte-Rose nous a notamment permis d’aborder la question cruciale du modèle économique de nos comités, au regard de nos statuts institutionnels différents : département, région, ou collectivités pour la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna, qui souhaite rejoindre aujourd’hui l’Usep. Nous ne bénéficions pas non plus des mêmes moyens humains : La Réunion dispose par exemple de 5 professeurs des écoles mis à disposition à temps complet, ce qui permet un développement à long terme du sport scolaire dans ce département. Au regard du coût très modeste des licences, nos comités d’économie sociale et solidaire ne peuvent plus s’appuyer uniquement sur ces ressources et doivent aller vers un modèle économique hybride. Pour cela nous avons besoin de nouveaux appuis, notamment dans le monde de l’entreprise.

Quels étaient les autres thèmes ?
Une deuxième table ronde portait sur « la santé de l’enfant comme levier de réussite éducative dans les territoires ultra-marins ». Enfin, la troisième avait pour thème la « prévention des violences », et plus particulièrement le rôle du sport et des acteurs associatifs dans l’émancipation des filles et des femmes et dans l’éducation des garçons.
La présidente de l’Usep, le secrétaire général adjoint et le directeur national ont participé à ce colloque et assisté à votre conseil d’administration…
Oui. J’en profite pour remercier l’Usep nationale pour son accompagnement. Véronique Moreira, Laurent Muguet et Jérôme Vandenabeele ont également pu avoir des temps d’échanges spécifiques, comme avec les comités de Polynésie française, de Mayotte et de Nouvelle-Calédonie. Ils ont également apporté leur caution nationale lors des différentes rencontres avec des représentants institutionnels et acteurs éducatifs de Guadeloupe, en particulier le recteur de La Guadeloupe, M. Gabriele Fioni.

Et demain ?
Outre la relance de la TransOéane, forts de notre projet sportif associatif 2025-2029 nous avons défini des pistes de travail autour desquelles nous souhaitons mobiliser les fédérations territoriales de la Ligue de l’enseignement, nos députés et sénateurs et le ministère des Outre-Mer. Nous saurons également nous rapprocher des comités régionaux Usep de l’Hexagone, dont nous sommes un peu l’équivalent à l’échelle des territoires d’Outre-Mer, pour profiter de leur expérience et mutualiser nos pratiques.