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AG de Dijon (2/2) : un sport scolaire sans héritage des Jeux

6 minutes

Baisse des effectifs, 30 ans du P’tit Tour, renouvellement des opérations nationales, actualisation du dispositif fédéral de formation : autant de sujets au menu de l’assemblée générale de Dijon des 18 et 19 avril et commentés par avance par Dominique Caron, secrétaire général de l’Usep.

Dominique Caron, l’AG de Dijon sera l’occasion de faire le bilan d’une saison 2024-2025 qui restera celle d’après les Jeux olympiques et paralympiques. Or l’Usep a enregistré une diminution du nombre d’associations et de licenciés. Est-ce à dire que Paris 2024 n’a laissé aucun héritage dans le sport scolaire du premier degré ?

Rappelons tout d’abord que l’Usep s’est fortement mobilisée autour des Jeux. Elle a mobilisé autour de ce temps fort des centaines de milliers d’enfants et montré sur tous les territoires la force de son engagement. Ce fut l’occasion de renforcer l’action des associations déjà investies, mais aussi de permettre à de nouveaux enseignants de nous rejoindre.

Mais l’élan est retombé et « l’héritage des Jeux » n’est évidemment pas à la hauteur de nos attentes, ni d’ailleurs de celles du mouvement sportif dans son ensemble. Les moyens humains et financiers accordés au développement du sport scolaire du premier degré n’ont pas augmenté, voire baissé. Cela peut laisser à penser que c’est avant tout l’événement Paris 2024 que l’on a souhaité accompagner, plutôt que la formation à long terme de citoyens sportifs, alors même que les résultats aux tests physiques d’entrée en 6e nous interpellent sur la santé et démontre la nécessité de plus d’activité physique au quotidien. C’est donc à nous qu’il revient par la force des choses de faire vivre cet héritage, parce que nous croyons à cette action de long terme. Les partenariats noués à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques se poursuivent donc aux différents échelons de la fédération. L’action de l’Usep se traduit aussi par la fidélisation de nouveaux adhérents, dans l’accompagnement des nouveaux programmes EPS dans notre participation à la nouvelle formation initiale des professeurs des écoles. Plus de sport scolaire égale plus d’EPS, c’est démontré !

Rencontre olympique, Pas-de-Calais, juin 2024. (Usep 62)

 

Cela n’empêche pas une baisse du nombre d’associations (7 827, – 5,13 %) et des licenciés (743 588 enfants et adultes, – 9,8 %)…

En effet. Même si nous nous attendions à un « effet d’aubaine », nous espérions fidéliser davantage. Cette baisse est toutefois à relativiser car au regard de la démographie scolaire, en net repli, notre « taux de pénétration » progresse. Ce qui est le plus inquiétant est la baisse du nombre de nos associations. S’il y a moins d’élèves scolarisés, il est en effet logique que le nombre d’enfants licenciés baisse. En revanche, le nombre d’associations devrait être pour le moins constant. Et, au-delà d’affiliations surtout motivées par le fait de participer à la grande fête des Jeux, la courbe est à la baisse depuis plusieurs années. Il est permis d’imaginer un lien direct avec le déficit d’engagement des professeurs des écoles et la non-valorisation par l’administration scolaire de cet engagement dans la conduite du projet associatif Usep. C’est pourquoi l’une de nos priorités est d’accompagner l’engagement des animateurs Usep dans leurs associations d’école.

L’AG de Dijon fêtera les 30 ans du P’tit Tour. Au-delà de cet événement emblématique, où en est la réflexion sur les opérations nationales, qui représentent une rencontre Usep sur cinq et sont une vitrine pour la fédération ?

Les opérations nationales doivent accompagner et illustrer explicitement les objectifs de l’Usep en matière de formation d’un citoyen sportif. Ce n’est pas de l’opération pour l’opération, ce sont des opérations au service des ambitions de notre projet fédéral. Les OPN ont donc vocation à positionner l’Usep et à traduire sa prise en compte des enjeux sociétaux.

Notre volonté est de proposer une nouvelle opération nationale à chaque nouvelle saison. Concrètement, chaque OPN figurerait au calendrier quatre années consécutives, avant de s’effacer pour laisser la place à une nouvelle. Il s’agit donc d’inscrire dans le calendrier le principe du renouvellement des opérations nationales, avec toutefois une exception : le P’tit Tour, qui est un marqueur fort et reconnu de notre fédération.

 

L’idée est également que chaque opération nationale incarne plus particulièrement l’un des quatre axes du projet de mandature…

Précisément. Le premier axe, c’est « s’émanciper et agir en autonomie et en sécurité ». Le deuxième, c’est « vivre et faire mieux ensemble ». Le troisième axe, c’est « prendre soin de soi et des autres ». Enfin, le quatrième, « s’engager pour sa planète », répond aux enjeux environnementaux et climatiques. « Bien dans sa tête, dans son environnement, dans son corps et sur sa planète » : on est dans cette cohérence d’action.

 

Quels seront les autres sujets débattus à Dijon ?

L’AG est le lieu d’expression privilégié des comités et le difficile déploiement de la plateforme d’affiliation-adhésion Ligue’Asso, commune à l’Usep, l’Ufolep et la Ligue de l’enseignement, sera probablement au menu de nos échanges. La formation et la réactualisation du dispositif fédéral de formation sont par ailleurs inscrites à l’ordre du jour. La situation de fragilité de certaines délégations de la Ligue de l’enseignement, et par voie de conséquence des comités Usep de ces territoires, sera également évoquée.

Les élus du comité directeur répondront en tribune aux questions écrites qui nous ont été adressées en amont, et aussi, le dimanche matin, à celles rédigées durant l’AG elle-même.

Pour terminer, je veux remercier par avance l’ensemble des usépiens de la région Bourgogne-Franche-Comté, qui se mettent au service de notre fédération en organisant cette AG 2026. Car l’organisation d’une assemblée générale nationale est un engagement collectif fort. Je le souligne d’autant plus qu’au regard des contraintes locales sans doute, les candidats à l’organisation des AG sont moins nombreux. J’ajoute à ce propos que, petite nouveauté, le cahier des charges de l’AG 2028 et des suivantes sera désormais livré deux ans à l’avance, et non plus 14 mois avant l’échéance, afin que les comités aient plus de temps pour envisager de se positionner pour organiser ce rendez-vous démocratique et militant.

Vote au carton, AG de Saint-Nazaire, avril 2025. (Philippe Brenot)
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