Dans l’Essonne, le P’tit Tour se joue de la circulation routière
Un aller-retour sur deux jours depuis l’école, avec nuit sous tente et animations partagées avec d’autres classes : c’est la formule du P’tit Tour Usep dans l’Essonne. Parmi les 15 classes réunies les 1er et 2 juin à Linas, nous avons pris la roue des CM1-CM2 de Sainte-Geneviève-des-Bois sur un parcours riche en péripéties.
Derrière la participation au P’tit Tour de 62 élèves de l’école Jean-Macé de Sainte-Geneviève-des-Bois, on trouve un trio de maîtresses dynamiques et complices : Concess Évrard, moteur du projet après une première petite sortie vélo avec ses CM1 l’an passé, et ses collègues de CM2 Charlotte Venet et Anne Rosset, la seule à avoir participé au P’tit Tour, il y a dix ans de cela…

Chacune a organisé une dizaine de séances d’apprentissage dans la cour de l’école – en réseau d’éducation prioritaire – et sur le plateau sportif du collège voisin. Parallèlement, il a fallu mobiliser les parents, souvent peu familiers de la chose cycliste, et les convaincre de doter leur enfant d’un vélo, d’un duvet et si possible d’une tente. Car dans l’Essonne le P’tit Tour se vit sur deux jours, avec une nuit sous la tente loin de papa-maman… Les parents ont également répondu présent pour accompagner les enfants, avec 13 adultes en renfort des 3 enseignantes.

Parcours. Chaque école élabore elle-même son parcours jusqu’au complexe sportif de Linas, son gymnase et son étendue herbeuse propice à l’accueil d’un village de tentes. « Si l’Essonne possède des zones rurales, nous sommes traversés par de grands axes routiers et la circulation routière est dense », souligne le délégué départemental, Nicolas Nowicki. « C’est pourquoi nous avons privilégié les pistes cyclables », explique Concess Évrard. Donc celle qui longe la Francilienne, le périphérique régional venant doubler celui qui ceinture Paris.

Une fois franchi le portail de l’école, les enfants empruntent toutefois un premier rond-point avant de longer le canal du « nouveau quartier » sorti de terre il y a une trentaine d’années, avec arrêt à chaque rue perpendiculaire. À hauteur de la ferme moyenâgeuse du Liers, désormais siège du service des espaces verts, ils croisent aussi un imposant poids-lourds dont le chauffeur roumain sourit devant ce défilé de petits cyclistes. Et pour cause : dans les années 1990, George Prisacariu fut champion de vélo dans son pays ! Dans le parc du Carouge de Brétigny, il y aura également ce gros camion-benne mordant sur le chemin pour râcler le fond de la rivière de sa pelle mécanique, que les enfants contourneront avec prudence.

Soucis mécaniques. Certains ont toutefois de petits moments de relâchement, comme dans l’allée goudronnée en pente douce et bordée de talus qui vient après le pont enjambant une voie ferrée. Et bing, chute d’Émeraude ! Sans gravité, mais dans les orties… Aussitôt après, mini-carambolage entre deux autres garçons en raison d’un freinage trop brusque – même si les versions divergent. Résultats, deux roues avant et arrière si voilées que les papas accompagnateurs mettront de longues minutes à les redresser. D’autres soucis mécaniques – crevaisons et pneus sous gonflés, câble de frein sorti du cabochon, etc. – ralentiront aussi la troupe. Heureusement, l’un des papas accompagnateurs est un as de la mécanique…

Après le pique-nique, le peloton trouve enfin sa vitesse de croisière sur les sentiers suivant le cours de l’Orge, avant de revenir longer la Francilienne, où camions et voiturent filent à vive allure sans que les enfants leur accordent le moindre regard, trop concentrés sur leur effort. Car ça ne descend plus, ça grimpe ! Pas énormément, mais sous le soleil et avec bientôt 20 km dans les pattes, la fatigue commence à se faire sentir. Un dernier coup de pédale, et sur le coup de 16 h 30 les voilà enfin à Linas, avec tout au loin la tour de Montlhéry.

Expérience. La plupart des autres classes sont déjà arrivées, comme celles de l’école Édouard-Herriot de Morangis, pourtant plus éloignée. Après six participations consécutives enseignants et les enfants sont bien rodés. « Chez nous, la Fête du vélo [nom du P’tit Tour dans l’Essonne] est devenue une institution. La mairie finance la formation aux blocs 1 et 2 du Savoir Rouler à Vélo et, chaque année, les CE2 et les CM1 accompagnent les trois classes de CM2 sur une partie du parcours. De quoi les motiver ! », explique Benjamin Rethoré, cinq éditions au compteur. Mais les maîtresses de Sainte-Geneviève entendent elles aussi capitaliser sur leur première expérience. Après un retour émaillé de quelques averses mais beaucoup plus fluide, il était déjà question de repartir l’an prochain…
Ateliers

Pas de temps mort lors de la Fête du vélo. Sitôt passée l’arche d’arrivée, au son d’une bande-son mariant le Bicycle Race de Queen avec À bicyclette chanté par Yves Montand, les enfants effectuent un à un le parcours maniabilité concocté par la Prévention Maif, avant une découverte de « vélos rigolos » et la préparation d’un jeu de l’oie sur le thème du vélo. Il y a surtout le montage des tentes, le dîner et le spectacle « VTT trial ». Sauf pour ceux qui préféraient retrouver au plus vite le confort de leur duvet… Le lendemain matin, les activités se sont poursuivies, avant le retour à l’école après déjeuner.
Merci aux parents !

Rien ne serait possible sans les parents accompagnateurs. Parmi ceux de Sainte-Geneviève-des-Bois, il y avait Abdou, responsable de l’école de foot du club local et père de Cheik-Hamallah, Yann le super mécano et Jennifer, les parents d’Eléna, et aussi Karine, Myriam, Hassan, Jean-Christophe, les deux Abdenour, Laure, Carine et son vélo « chopper » et Pierre, qui après avoir pédalé il y a dix ans avec son aînée, Clotilde, est reparti avec son cadet, Pierrick. Sans oublier Bouchra, la grande sœur étudiante de Khouloud !
Encore deux rendez-vous

En Essonne, le P’tit Tour se poursuit les 5 et 6 juin à Saint-Vrain et les 11 et 12 à Saintry-sur-Seine, près de Corbeil-Essonnes. Cette formule sur deux jours avec animations et nuitée sous tente a remplacé il y a 25 ans le Tour de l’Essonne, qui menait des classes d’une école à l’autre.