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Une rencontre char à voile en baie du mont Saint-Michel

7 minutes

Les comités Usep savent s’associer à des partenaires locaux pour faire découvrir aux enfants des activités sportives sortant de l’ordinaire. Depuis 2020-21, l’Ille-et-Vilaine organise chaque année une à deux rencontres de char à voile avec la base de Cherrueix, en baie du mont Saint-Michel. Après deux premières séances d’initiation, quatre classes de CE2-CM1-CM2 de l’école Louise-Michel de Dol-de-Bretagne ont ainsi fait le plein de sensations par une journée venteuse de juin.

Une plage immense, délimitée d’un côté par le rocher de Cancale et de l’autre par le mont Saint-Michel, et puis la mer, retirée très loin. « Pour pratiquer le char à voile, l’idéal est que le sable soit lisse et sec : des conditions réunies lors des coefficients de marée très bas, qui laissent aussi davantage de place pour tracer les parcours et qui déterminent la date des rencontres Usep » explique Maxime Vogin, éducateur sportif à la base de Char en baie.

La rencontre était co-animée par Maxime Vogin, éducateur sportif à la base Char en baie, et Kévin Le Caroff, délégué Usep d’Ille-et-Vilaine. (Philippe Brenot / Usep)

 

C’est lui qui, à la rentrée 2020, a sollicité l’Usep afin de développer l’activité auprès des enfants, notamment à travers des initiations « inland », généralement sur des terrains de football stabilisés, avant la rencontre finale, dite « Olymplages », sur la base de Cherrueix. Maxime et le délégué Usep de l’époque ont alors conçu un cycle d’apprentissage qui débute par une présentation en classe et se poursuit avec une matinée et d’un après-midi d’initiation, avant une rencontre en juin. C’est ainsi que des élèves de la banlieue rennaise et de l’intérieur des terres ont pu découvrir aux côtés de ceux d’écoles côtières cette activité à mi-chemin entre le karting et la voile. « Mais sur un char on est beaucoup plus vite dans l’action que sur un voilier, et il n’y a pas la peur de l’eau ni l’exigence de savoir nager », souligne Maxime.

La taille du terrain de jeu est indexée sur les coefficients de marée. (Philippe Brenot / Usep)

 

Reste toutefois à maîtriser le vent. Or il suffit de regarder les nuages filer dans le ciel pour comprendre qu’en ce jeudi 4 juin il souffle fort : 8 mètres/seconde, avec des rafales à 10-11, voir même plus. La pluie, elle, est annoncée en début d’après-midi, alors autant profiter sans tarder de cette matinée au sec. C’est ce que pensent aussi les 84 élèves de cours moyen – plus quelques CE2 – de l’école Louise-Michel de Dol-de-Bretagne, impatients de retrouver des engins avec lesquels ils ont pu se familiariser en mars. Bon nombre de CM2 ont même l’expérience de l’année précédente.

On commence par pousser son binôme jusqu’au départ. (Philippe Brenot / Usep)

 

Associés par binômes, les enfants poussent joyeusement leur char jusqu’au départ du parcours, matérialisé par des plots jaunes, l’un d’eux déjà glissé dans le baquet. Tout au long de la matinée, ils se passeront les commandes à chaque tour d’un des deux circuits tracés par les éducateurs sportifs de la base. Le premier atelier se présente comme un biathlon où l’enfant sorti du baquet file marquer des points dans un jeu de Mölkky, quand le second consiste en un défi collectif consistant à réaliser le plus grand nombre de tours. Le délégué Usep, Kévin Le Caroff, anime de son côté un troisième atelier d’éducation au développement durable consacré à l’analyse des déchets échoués ou abandonnés sur les plages, récolte des enfants à l’appui.

Atelier d’éducation au développement durable. (Philippe Brenot / Usep)

 

Avant de s’élancer, il convient encore de déterminer le sens du vent et de placer son engin face à celui-ci afin de mettre la voile, puis de glisser dans les poulies de la bôme « l’écoute » sur laquelle on tirera pour orienter la voile perpendiculairement au vent afin de s’élancer puis d’accélérer. Pour ralentir, il suffit de relâcher la corde, tandis que les roues sont commandées avec la barre sur laquelle le pilote appuie ses deux pieds.

Sacha est le premier à s’élancer, vite suivi par ce casse-cou de Briac. La manœuvre la plus délicate consiste à changer la voile de côté pour virer. Gare aussi aux brusques rafales. Au premier virage, Emma se laisse justement surprendre par une risée et bascule avec son char, sans mal et sans frayeur. Maxime accourt aussitôt pour l’aider à le remettre sur ses roues.

Maxime l’éducateur sportif, et Cécile Simon, enseignante, délivrent quelques conseils. (Philippe Brenot / Usep)

 

Sur le second atelier char à voile, l’athlétique barbu qui dispense conseils et coups de main n’est pas un éducateur de la base mais un parent accompagnateur. Sa fille est désormais au collège et son fils encore en CE1, cependant Gaëtan s’est libéré pour permettre aux enfants de cours moyen de pratiquer une discipline que lui-même a découvert avec son prof d’EPS durant ses années de BEP à Saint-Malo. « C’est une activité qui peut paraître impressionnante au premier abord, mais dès qu’on a compris comment utiliser le vent c’est tout de suite très ludique », explique-t-il.

« En raison du vent fort, nous ne chercherons pas aujourd’hui à varier les parcours », explique Maxime, l’éducateur sportif, tout en observant les enfants prennent davantage d’assurance et de vitesse au fil des tours. Ils rasent les plots tout en élargissant leurs virages lorsque les rafales sont plus soutenues. Au passage certains poussent parfois de petits cris d’excitation. « C’est le plaisir de maîtriser parfaitement leur engin », se réjouit Cécile Simon, l’une des enseignantes, qui se fait un point d’honneur à prendre en photo chacun de ses élèves. « Comme ça chacun aura un souvenir ! » Certains parmi ceux n’étant pas identifiés comme les plus sportifs se révèlent de fins pilotes, à l’image de ce poids plume de Lucien. D’autres la jouent tranquille, mais tous affichent des visages réjouis, y compris les cinq élèves de cours moyen de la section Ulis, à l’aise dans une discipline individuelle dont ils tirent seuls la ficelle.

Au fil des tours, les enfants prennent les virages au ras des plots. (Philippe Brenot / Usep)

 

Le plaisir se prolonge jusqu’à midi passé afin de profiter du beau temps. À la fin du pique-nique, une première ondée contraint la troupe à se mettre à l’abri. Puis, sous un ciel redevenu d’azur, on se dépêche de profiter de la troisième et dernière rotation, seulement écourtée de quelques minutes par un grain qui trempe la plage en un instant.

Pas grave, la rencontre est finie et il est déjà temps de repartir. Pour les CM2, se sera comme ils sont arrivés : à vélo. Sept kilomètres à l’aller, autant au retour, sous la menace d’autres averses et avec un vent de trois-quarts face. De quoi ajouter encore à l’exaltation d’une si grisante journée.

Retour à l’école à vélo pour les CM2. (Philippe Brenot / Usep)

 

Vidéo 1 : départ prudent

Vidéo 2 : tour de piste

Vidéo 3 : changement de pilote

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