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Audrey Cordon-Ragot, championne cycliste et marraine du P’tit Tour

6 minutes

30 ANS DU P’TIT TOUR. Maintes fois championne de France de cyclisme, sur route et contre la montre, Audrey Cordon-Ragot a achevé sa carrière après les Jeux olympiques de Paris 2024. Reconvertie consultante, celle qui fut aussi animatrice vélo en centre-Bretagne est la marraine du P’tit Tour Usep 2026.

Audrey Cordon-Ragot, quels sont vos premiers souvenirs de vélo ?

J’ai appris à faire du vélo avec ma grand-mère, dans son jardin, sur un petit circuit. Très tôt, on m’a enlevé les petites roues. Le vélo fut ensuite un loisir. Nous habitions Plumieux, dans les Côtes-d’Armor, et j’en faisais par plaisir. Mon père, qui était cycliste amateur, m’emmenait également avec lui. Je me souviens aussi, cela remonte à la fin des années 1990, que les gendarmes étaient venus nous former dans la cour de l’école. Nous passions ensuite l’équivalent du Savoir Rouler à Vélo, axé sécurité routière, sur un plateau sportif, à Loudéac. Plus tard, j’ai moi-même été éducatrice vélo et cela me désole de voir aujourd’hui des enfants qui ne savent pas en faire. À mon époque, à la campagne, c’était inimaginable.

Quand le vélo est-il devenu synonyme de compétition pour vous ?

J’ai signé ma première licence en club en 2000, à l’âge de 10 ans. C’est là que j’ai pris goût à la compétition. Mais j’avais ça dans le sang : j’ai toujours aimé gagner !

 

Connaissiez-vous le P’tit Tour Usep avant d’être sollicitée pour être marraine de l’édition des 30 ans ?

Honnêtement, non. J’avais vu des classes qui se lançaient dans des randonnées à vélo assez longues, mais ça me semblait des initiatives personnelles d’enseignants. En revanche je partage pleinement le projet et suis ravie de m’y associer aujourd’hui.

Dans quel cadre avez-vous été animatrice vélo ?

J’ai travaillé pour l’agglomération de Loudéac de 2012 à 2017. Ce contrat annualisé me permettait de participer aux compétitions et aux stages de préparation. J’intervenais sur une base de loisirs auprès d’enfants, parfois très petits, mais aussi d’adultes ou de personnes en situation de handicap.

Vous avez achevé votre carrière en 2024 sur une 9e place dans le contre-la-montre des Jeux olympiques et sur une ultime participation au Tour de France Femmes, relancé deux ans auparavant. Comment voyez-vous la médiatisation récente du cyclisme féminin ?

Je m’en félicite, moi qui ai connu les années où nous étions dans l’ombre. Jeune, je fonçais et je n’en faisais pas un cheval de bataille, mais quand on en fait son métier tout en devant poursuivre ses études ou travailler en parallèle, on se rend compte qu’on n’est pas logé à la même enseigne que les hommes. J’ai grandi avec ce sentiment d’injustice et c’est à la fois émouvant et satisfaisant de voir le cyclisme féminin en passe d’être reconnu à sa juste valeur. Je me dis que j’ai un peu œuvré à ça.

 

Vous avez créé une agence de communication et vous étiez consultante pour Eurosport sur le dernier Tour d’Italie. C’est votre nouveau métier ?

Oui. Comme j’avais commencé à commenter des courses féminines ou masculines avant la fin de ma carrière, la transition a été facile. Surtout, ce métier me permet de rester au contact du sport qui m’a fait vibrer dès mon plus jeune âge, dans un univers qui est le mien.

Quelle est aujourd’hui votre pratique du vélo ?

C’est une pratique passion qui me permet de passer du temps avec mon mari, mes amis et ma famille, car nous sommes tous très vélo. J’en fais aussi dans le cadre de contrats avec des marques de sport. C’est du loisir. La compétition c’est fini, même si l’an passé j’ai eu du plaisir à remettre un dossard pour participer au 24 heures du Mans vélo, en relais avec ma sœur, ma belle-sœur et trois amis hommes.

Vous avez accepté avec enthousiasme d’être la marraine du P’tit Tour 2026, celui des 30 ans : quel sens donnez-vous à ce « marrainage » ?

Je suis peinée de voir aujourd’hui des enfants passer plus de temps devant des écrans chez eux qu’à faire du sport au dehors, notamment du vélo. Malheureusement, celui-ci n’est plus utilisé comme avant comme moyen de déplacement. Certes, il y a un problème de sécurité et, pour avoir été cycliste professionnelle pendant 17 ans, je connais la dangerosité des routes. C’est aussi une question d’aménagement urbain, en ville surtout. Mais j’aimerais voir évoluer les choses. Je vois dans le Savoir Rouler à Vélo et dans le P’tit Tour une façon de contribuer à démocratiser ou redémocratiser l’usage du vélo, au quotidien, pour les jeunes comme pour les moins jeunes.

 

Audrey Cordon-Ragot, marraine du P’tit Tour Usep 2026. (DR)

 

Si vous avez l’occasion d’aller à la rencontre d’enfants participant au P’tit Tour près de chez vous, que leur direz-vous ?

Je les inviterais tous simplement à en faire ! J’adapterais aussi mon message selon qu’ils habitent en ville ou à la campagne, où les enfants sont malgré tout moins sédentaires et où la pratique du vélo reste plus commune. Je leur délivrerais aussi un message de sécurité. Mais c’est aussi aux automobilistes que je voudrais m’adresser : enseigner le Savoir Rouler à Vélo pour que les enfants adoptent la bonne attitude et les bons gestes sur la route, oui ! Mais qu’ils apprennent de leur côté à savoir rouler à côté de nous, cyclistes ! Souvent, les automobilistes n’ont pas conscience de notre vulnérabilité, ni de la différence de vitesse ou de nos réactions. C’est pourquoi j’inviterais les enfants à faire passer ce message aux parents : pour que nous nous sentions en sécurité à vélo sur la route, il faut aussi que vous, les adultes, fassiez attention à nous quand vous êtes au volant !

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