S’opposer-coopérer, le retour du terrain
Comment l’opération nationale « Avec ou contre, toujours ensemble » (ACTE), déclinée pour la première fois ce printemps, est-elle accueillie ? L’atelier football à trois côtés fonctionne-t-il ? Oui, explique Marie-Cécile Juton, dont les élèves de l’école d’Ancenis-Saint-Géréon ont participé le 9 avril à une rencontre de secteur à Saint-Mars-du-Désert avec deux autres classes de CM1.
Marie-Cécile Juton, comment avez-vous préparé cette nouvelle rencontre avec vos élèves ?
Nous avons travaillé plus particulièrement l’atelier foot à 3 côtés afin que les enfants aient l’idée d’alliance entre équipes. Nous y avons consacré trois séances d’EPS dans la cour de l’école, malheureusement un peu trop exigüe. Pour la rencontre nous étions dans un gymnase, le terrain était plus grand, c’était nettement mieux. Les équipes, 5 joueurs dont un gardien, plus un remplaçant, pouvaient davantage s’y exprimer.
Quels étaient les autres ateliers sportifs ?
Dans la même idée d’attaque-défense, nous avions retenu poule-renard-vipère. Sinon, il y avait aussi la balle au capitaine et le parachute, où l’on est avant tout dans la coopération. Et nous avons remplacé le basket assis par du torball.

Vous avez choisi les ateliers entre enseignants ?
Oui. Nous avions pioché dans le document pédagogique national par rapport au nombre d’enfants et d’équipes.
Aviez-vous participé à la formation organisée par le comité Usep de Loire-Atlantique pour accompagner le déploiement de la rencontre ?
Non, nous n’étions pas disponibles. En revanche, Thomas, l’éducateur départemental, a co-animé une séance avec chacune de nos trois classes, notamment pour le foot à 3 côtés.

Cet atelier n’était pas trop déstabilisant pour les enfants ?
Au départ, c’était surtout équipe contre équipe. Puis, petit à petit, les enfants en sont venus à collaborer, dans l’objectif d’encaisser le moins de buts possible. C’est d’ailleurs quand des buts ont commencé à être marqués que les alliances se sont nouées, avant de varier selon l’évolution du score. Ces collaborations inter-équipes, venant s’ajouter à celles existant au sein de celles-ci, sont très intéressantes.
Vos élèves avaient-ils l’expérience du kinball, où cette opposition-collaboration entre équipes existe aussi ?
Pas cette année. Mes élèves avaient fait du kinball en cycle 2 mais n’ont pas établi le parallèle.
Quel était le type de score ?
Du 4-3-0, du 4-3-2… Pas des scores fleuves.
Et comment se déroulaient les matchs ?
Au foot, même en valorisant le jeu de passes, on a toujours à gérer quelques individualités ayant tendance à jouer « perso ». Ensuite, les sorties en touche ont été très bien gérées, alors qu’avec trois équipes ce n’est pas évident de savoir qui doit effectuer la remise en jeu.

Quel a été le retour des enfants sur cet atelier foot à 3 côtés ?
Très positif, qu’ils soient footeux ou pas du tout, y compris les filles. Lors de la préparation, nous avions fait des séances de manipulation de ballon et c’était important pour la réussite de l’atelier. On le fait peu dans les écoles, où le foot est souvent mis de côté. Les enseignants trouvent que les enfants y jouent déjà beaucoup et sont très critiques des exemples renvoyés par sa médiatisation. C’est un peu dommage, car sur le plan des habiletés motrices le jeu au pied est très intéressant. L’approche par le foot à 3 côtés fera peut-être tomber les préjugés de certains collègues !
Plus largement, suggèreriez-vous des ajustements pour cette nouvelle rencontre « Avec ou contre, toujours ensemble » ?
À titre personnel, je voudrais essayer le basket assis. J’ai écarté cet atelier par manque de temps pour le préparer, car je craignais que les enfants ne réussissent pas à s’y engager, qu’ils restent trop statiques. Mais une collègue d’un autre secteur m’a assuré que ça fonctionnait très bien. Il ne faut donc pas rester sur cet échec : c’est mon challenge pour l’an prochain !
